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Le Serf, Paris

Sculpture : Le Serf, Paris
Sculpture :
Le Serf, Paris
Auteur :
MATISSE, Henri (1869-1954)
Date :
Lieu :
Musée Matisse, Nice
Crédit :
Photo : François Fernandez
© Succession H. Matisse
N° inventaire :
Inv. : 63. 2. 102
Type :
Sculpture
Technique :
Bronze, fonte à la cire perdue, patine foncée
Format :
92,3 x 32 x 30 cm
Domaine :
Beaux-Arts
Catégorie :
Sculpture
Période :
XXe siècle

En observant Le Serf, comment ne pas songer que Matisse ait pu, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, visiter la rétrospective de l’œuvre de Rodin, comprenant des sculptures telles que L’Homme qui marche, sur colonne de 1877 ? Selon l’historien d’art Alfred Barr Matisse aurait commencé la sculpture Le Serf, alors nommé l’Esclave, avant la date de l’exposition, durant l’hiver 1900. Certains ont vu une identité de personne entre Pignatelli, modèle académique à l’étonnant gabarit posant pour de nombreux élèves de l’école des Beaux-arts, et qui aurait posé pour Rodin, puis pour Matisse, et Bevilacqua, personnage à la rude morphologie que Matisse indique avoir pris pour modèle dans son propre atelier. Matisse aurait réalisé Le Serf en plus de cinquante séances. Il dessine et peint ce modèle durant au moins trois ans. C’est à dessein qu’en est préservé l’aspect brut, avec les traces d’enfoncement laissées sur la terre par Matisse. Le front, les clavicules sont creusés par endroit, accentuant l’expression d’une violence enfermée et soumise. Cette œuvre est présentée en plâtre en 1904 au Salon d’automne. Les bras, tronqués au plus tard en 1908 (date de la réalisation en fonte de l’œuvre), participent symboliquement à l'accablement de l'esclave, à son impuissance et sa résignation, mais aussi à une sorte de résistance sourde. L’aspect expérimental de cette sculpture apparaît clairement en ce qu’elle est unique dans l’œuvre de Matisse, non seulement par sa facture, mais aussi par son titre allégorique. C’est le seul nu masculin de l’œuvre sculpté.

En observant Le Serf, comment ne pas songer que Matisse ait pu, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 à Paris, visiter la rétrospective de l’œuvre de Rodin, comprenant des sculptures telles que L’Homme qui marche, sur colonne de 1877 ? Selon l’historien d’art Alfred Barr Matisse aurait commencé la sculpture Le Serf, alors nommé l’Esclave, avant la date de l’exposition, durant l’hiver 1900. Certains ont vu une identité de personne entre Pignatelli, modèle académique à l’étonnant gabarit posant pour de nombreux élèves de l’école des Beaux-arts, et qui aurait posé pour Rodin, puis pour Matisse, et Bevilacqua, personnage à la rude morphologie que Matisse indique avoir pris pour modèle dans son propre atelier. Matisse aurait réalisé Le Serf en plus de cinquante séances. Il dessine et peint ce modèle durant au moins trois ans. C’est à dessein qu’en est préservé l’aspect brut, avec les traces d’enfoncement laissées sur la terre par Matisse. Le front, les clavicules sont creusés par endroit, accentuant l’expression d’une violence enfermée et soumise. Cette œuvre est présentée en plâtre en 1904 au Salon d’automne. Les bras, tronqués au plus tard en 1908 (date de la réalisation en fonte de l’œuvre), participent symboliquement à l'accablement de l'esclave, à son impuissance et sa résignation, mais aussi à une sorte de résistance sourde. L’aspect expérimental de cette sculpture apparaît clairement en ce qu’elle est unique dans l’œuvre de Matisse, non seulement par sa facture, mais aussi par son titre allégorique. C’est le seul nu masculin de l’œuvre sculpté.